Jeudi 9 mai 1940

21h00 : les Unités de la Wehrmacht reçoivent l’ordre de mouvement – 22h00 : GQG commence a être averti par les Unités frontières de mouvements allemands à proximité de la frontière – 23h35 : ordre est donné à l’Armée belge d’occuper les emplacements de combat… » Cette fois, c’est la bonne ou encore un exercice ? »…

10 mai, 02h00

Alerte générale !
Tout le matériel est rentré, tout est contrôlé…
05h00 : un premier avion ennemi passe au-dessus du Fort… sans conséquence.
08h30 : ordre est donné d’incendier les baraquements temps de paix.
12h00 : « … nous sommes fin prêts ! « 
14h23 : premier tir réel de 75, c’est un tir de réglage sur un point connu : LES COMBLES.
Ordre de replis des éléments du 1er Lanciers (1L) et du 1er Bn Cyclistes Frontières (1RCyFr/I) derrière LA MEUSE… Le Fort est isolé.

11 mai, 01h00

Ordre est donné aux Commandants des Forts d’envoyer un renfort à l’ Armée de campagne.
03h15 : 1 Officier, 1 Sous-Officier et 68 soldats sont désignés et partent pour LIERS.
10h10 : Premier tir des coupoles II et IV sur une colonne allemande à MARTEAU, dans la région de SPA et à LA REID. Les tirs ne s’arrêteront que vers 20h30.
Dans l’après-midi les allemands sont à JUSLENVILLE!
Des tirs d’interdiction sont effectués sur les noeuds routiers durant toute la nuit.

Le 12...Jour de la Pentecôte

A 10h45, le fort subit son premier bombardement d’artillerie allemande.
5 minutes plus tard, la pièce est repérée et détruite !

Vers 19h15, le bâtiment « P » subit des tirs nourris, une déflagration souffle le volet obturateur de la cloche, le feu de l’explosion rentre dans le puit : le Maréchal des Logis DEFRAIGNE et le Soldat GRIGNARD sont brûlés gravement.

15 mai, 10h00

Suite à une attaque allemande d’ampleur sur l’abris « VESDRE », une action extérieure tourne au drame : le Maréchal des Logis HUYSMANS est tué, le Soldat MONVILLE est blessé gravement, il décède le 22 mai.
A 16h30, n’ayant plus de communication, ne sachant plus se défendre, le personnel met hors service l’armement et quitte l’abri.

20 mai, 06h00

L’ abri BV7, JEUVEUMONT-THEUX a subi des tirs violents… plus de communication, il est abandonné.
Le Maréchal des Logis REUL, le Brigadier HENQUINET et les Soldats DELFOSSE et DOGNEZ ont effectué leur devoir brillamment.

– La Croix de Guerre leur sera décernée –

21 mai, 02h10

La casemate « MONT » n’ a plus de communication… malgré tout, une fusée éclairante est tirée :  » – Je suis attaqué -« . Depuis le 17 mai, les allemands harcèlent la casemate inlassablement.
le 20 mai, le Soldat HOUYON est blessé par des éclats de 37mm qui passent par l’obturateur de la cloche d’observation.

A 08h00, par manque de subsistance, le drapeau blanc est hissé…

22 mai, 15h00

Les 11 forts de LIEGE sont tombés, le Fort de TANCRÉMONT reste le seul à tenir.

Deuxième visite de parlementaires allemands :
« …le Commandant en Chef allemand désire parler au Commandant du fort… »

1Lt WEIMERSKIRCH (photo) déclare :
« …le Commandant du fort ne voit pas la nécessité de cette entrevue et la décline. Il fait savoir au Commandant en Chef allemand que l’ouvrage sera défendu jusqu’au bout, qu’il est par conséquent inutile de se présenter encore, que le Commandant prendra éventuellement lui-même l’initiative de parlementer et qu’il l’indiquera lui-même par un drapeau blanc hissé au milieu du massif central ! « 

Le 28 mai, 11h00...

 » Au G. Q. G., le 28 mai 1940.
OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS, SOLDATS,
Précipités à l’improviste dans une guerre d’une violence inouïe, vous vous êtes battus courageusement pour défendre, pied à pied, le territoire national.
Epuisés par une lutte ininterrompue contre un ennemi très supérieur en nombre et en matériel, nous nous trouvons acculés à la reddition.
L’Histoire dira que l’Armée a fait tout son devoir. Notre Honneur est sauf.
Ces rudes combats et ces nuits sans sommeil ne peuvent pas avoir été vains. Je vous recommande de ne pas vous décourager, mais de vous comporter avec dignité. Que votre attitude et votre discipline continuent à mériter l’estime de l’étranger.
Je ne vous quitte pas dans l’infortune qui nous accable et je tiens à veiller sur votre sort et celui de vos familles. Demain, nous nous mettrons au travail avec la ferme volonté de relever la Patrie de ses ruines. 
LÉOPOLD »

Mercredi 29 mai, 15h15

Après l’entrevue houleuse entre le Capitaine DEVOS et le Général SPANG, la reddition du fort  est inévitable.
« la mort dans l’âme, nous avons dû nous rendre… » GERADON Raymond, Soldat électricien.

..s’en poursuivra le départ en captivité à WOLFSBERG – OFLAG XVIII B – pour les Officiers et à GÖRLITZ – STALAG VIII A – pour la Troupe.

Après le départ de la garnison, seuls 10 soldats électriciens du Fort resteront pour le fonctionnement des installations. Le fort restera aux mains des Troupes allemandes, en transit, jusque mi-août 1940.
A l’issue de cette période, les militaires belges seront mis en congé et retourneront dans leur foyer.

Mais le combat n’est pas terminé !

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